ICO est l’étoile montante du rap bruxellois

Pictures by Billy Arty

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Si tu ne veux pas gaffer en racontant à tes meilleurs amis qui sont les artistes à suivre sur les réseaux sociaux, tu dois alors savoir qu’ICO se prononce « Eye-co », et que le jeune homme a été recommandé par YouTube Music dans sa liste des « Ones To Watch 2019 », et est depuis peu l’un des onze artistes qui fait partie au niveau mondial du Youtube’s Foundry International Artist Development Program, un honneur que des artistes tels que Rosalia et Dua Lipa avaient déjà eu par le passé. Et ce n’est pas un hasard, car ICO est suivi par 284.000 fans sur la plateforme vidéo, et ses vidéos sont facilement vues par plus d’un million de personnes. Il y partage régulièrement un clip vidéo qui emmène le spectateur dans son univers décontracté d’une manière tellement stylée que même une rue bruxelloise quelconque par un jour d’automne maussade ressemble à un décor californien. Il est donc grand temps de faire plus ample connaissance avec cet artiste, car après Romeo Elvis, Angèle, Stromae ou Damso, ICO est la prochaine révélation de la Belgique francophone !

« On vient de Bruxelles, yah (sku sku). Il pleut tous les quarts d'heure, yah (il fait -8000 degrés). On est des mecs trop cools, oh yeah (sku sku, ouh). Mais on n'a le nez qui coule, oh yeah (bruh atchoum) » - Capsule #3 : Dafalgan

Remontons une année en arrière, jusqu’au printemps de l’année 2018. Le refrain de « Capsule #3: Dafalgan » – ces capsules sont de courtes vidéos autonomes consacrées à chaque fois à un thème spécifique – possède environ tous les éléments qui font qu’ICO est tellement bon. Il rappe avec une bonne dose d’humour et d’autorelativisation sur ses (et nos) problèmes quotidiens, tels que ces rhumes permanents qui compromettent sa street credibility. Son inspiration, il la trouve principalement dans sa propre vie et celles de ses potes, a-t-il récemment confié dans une interview concédée à Alohanews. « Quand on sort avec les potes, on balance des punchlines », qu’il intègre immédiatement dans sa musique. Et même si tu ne comprends pas toutes les finesses et les références dans les chansons d’ICO – « Capsule #7: Octogone » parle de la dispute qui a dégénéré entre les rappeurs français Booba & Kaaris – elles n’en restent pas moins très catchy. En plus, ça te permet d’apprendre de nouvelles choses.

Ses paroles sont à chaque fois analysées en long et en large par ses fans très actifs sur les réseaux sociaux, ou par le biais du site de paroles Genius.com. Il touche les gens en abordant ses thèmes sous un angle tout à fait unique, comme dans « Capsule #4: Siri » où il se moque de l’assistant vocal d’Apple. Autre thème caractéristique : la phrase récurrente et également le titre de son dernier album « Dis Pas Wallah ». Wallah est une expression arabe qui signifie que tu jures quelque chose par Allah ou Dieu. Dans l’univers d’ICO, ça devient « Dis pas wallah, tu manges un Big Mac ». Ne va pas y chercher de grandes thèses politiques ou de la grandiloquence, ça sonne bien, c’est tout. On balance des punchlines, quoi.

ICO appartient à la génération de rappeurs new school. Il confie à Alohanews qu’il ne boit pas, ne fume pas et qu’il sort à peine, sauf pour ses concerts. « J'bois pas d'alcool, c'est haram » (haram est l’expression arabe pour désigner qu’il s’agit d’un péché) rappe-t-il dans « Pause Kellogs » sur son premier album sans titre sorti en 2017. Et aussi : « Le rap, c'est pas le ghetto ». ICO est un garçon sensible. Il passe 12 de ses années d’enfance au piano, et ne découvre le rap et le beatmaking que des années plus tard. En tant que pianiste, il est très sensible à la musique classique, raconte-t-il dans une vidéo de Tarmac, la plateforme urban de la RTBF. Il apprend à écrire des mélodies, et compose la musique pour « Wolves », un morceau sur le premier album sacré disque platine de l’artiste wallon Loic Nottet, lequel a représenté la Belgique à l’Eurovision en 2015.

Sur ces entrefaites, ICO termine ses études à la Solvay Business School, et commence à travailler comme conseiller financier. Il décide de prendre les rênes, et s’entoure d’une équipe bien soudée d’amis intimes. ICO est en quelque sorte synonyme du DIY : il se fiche des structures existantes. Il crée lui-même la production de la musique, l’artwork et les vidéos avec l’aide de ses amis, mais surtout sans les maisons de disques traditionnelles. Oublie les CD, les LP ou le merchandising ; jusqu’ici, ICO partage sa musique et ses vidéos gratuitement via YouTube, Spotify, Instagram et Facebook. Ce sont surtout ces images filmées, captées par l’objectif du talentueux vidéaste bruxellois Bilal Lamarti (Billy Arty), qui font office de cartes de visite créatives. Ce sont des enregistrements très courts – style instantanés – et très stylés de la charmante personnalité de ce jeune homme, qui font penser aux premiers pas de cet autre génie musical bruxellois, Paul Van Haver, plus connu sous le nom de Stromae. 

Aujourd'hui, ICO a le monde à ses pieds. Il est allé à Los Angeles pour enregistrer la vidéo de Tututu, une chanson si accrocheuse que l’on reste la fredonner dans sa tête. Le titre est aussi un avant-goût de son nouvel album qui sortira à l'automne. Les fans d'ICO l'adorent, et ont pu découvrir le nom de cet album dans sa toute dernière capsule, également appelée « L'album ». Cela prête à confusion ? Un peu. Cela témoigne de la grande ingéniosité de l’artiste ? Bien sûr ! La star de YouTube, Léticia, a réussi à déchiffrer le code en convertissant les chiffres de la vidéo en lettres. Curieux ? Consulte les commentaires !

Fais pas la go, qui m'reconnait pas, moi c'est ICO Squa. Tiens mon phone, passe ton numéro, j't'emmènerais au Mcdo. Un menu fish et un ptit coca, puis direct au tel-ho. Tu pourras dire, à toutes tes pines-co que tu connais ICO. - Capsule #5: Petit Papillon